BRITANNICUS
Par F. Didier
Date: courant 1997. Exposé en Terminale L, Latin.
PLAN
1) Le contexte historique.
11) Action et intrigue de Britannicus.
111) Les principaux personnages.
IV) Rome sous l'Empire de Néron.
PREMIERE PARTIE: Le
contexte historique
A- L'organisation de
la société.
C'est à l'époque de la
Rome impériale que se situe l'action de Britannicus. Le Sénat ( institution
romaine conservée par Auguste et ses successeurs du même nom ) constitue le
pouvoir souverain du peuple romain, et c'est lui qui délègue les pouvoirs à
l'empereur. Mais c'est l'empereur qui assure le recrutement des sénateurs : le
Sénat est donc, en général, assez fidèle à l'empereur, et le pouvoir est ainsi
davantage une autocratie. Le quartier général de l'empereur, le prétoire, est
composé de deux préfets qui assument le rôle de chefs de la garde personnelle
de l'empereur et des fonctions politiques et juridiques. Pour le reste des dirigeants
de l'administration, il y a trois ensembles
• le rang sénatorial :
fonctionnaires tels que certains préfets,
• l'ordre équestre :
les autres préfets et les procurateurs,
• les affranchis, qui
constituent le personnel administratif.
13- Les problèmes de
succession.
Arrivé à la fin de son
règne sans enfant mâle, Auguste adopte Tiberius Claudius Nero, qu'il a eu de
son premier mariage avec Livie.
Celui-ci, sous le nom
de Tibère, règne jusqu'en 37 après J.C. Mais lui non plus n'a pas de fils,
c'est pourquoi il adopte le petit-fils de son frère, Caius Caligula.
Mais Caligula, très
vite cruel tyran, indispose sénateurs et prétoriens et est assassiné en 41,
sans descendance mâle. On choisit son oncle, Claude ( neveu de Tibère ), pour
le mettre sur le trône.
Après deux divorces,
il épouse Messaline de laquelle il a deux enfants : Octavie et Britannicus
( dans la tragédie de Racine celui-ci a
17 ans tandis que chez Tacite il n'en a que 14 ), qui est de fait l'héritier légitime.
Claude, pourtant
débonnaire, fait exécuter Messaline pour ses débordements amoureux à
l'instigation de Narcisse et Pallas ( des affranchis ), puis se remarie avec
Agrippine la Jeune ( sœur de Caligula ), qui a eu un fils de son premier
mariage avec Domitius Ahenobarbus ( petit-fils d'Octavie ) : Néron. En 5 1,
elle réussit à le faire adopter par Claude comme héritier possible. En 54, à la
majorité de Néron, Agrippine empoisonne son mari, anticipant sa répudiation.
L'Empire romain, immense à cette époque, est au cœur
de convoitises pour lesquelles des assassinats politiques se succèdent. Les
problèmes sont d'autant plus importants que la succession héréditaire directe
ne peut pas s'effectuer à trois reprises et qu'une femme sans scrupules est
prête à tout pour faire monter son enfant illégitime sur le trône pour
gouverner à travers lui.
C- La crise ( 55
après. J-C. ).
Au début de l'année 55
de notre ère, Agrippine est entièrement parvenue à ses fins : son fils est
promu héritier plutôt que Britannicus, et elle s'est débarrassée de son mari
Claude. Il arrive cependant qu'on finit par s'insurger de la voir parée des
insignes officiels réservés aux empereurs. Parallèlement, Néron prend goût au
pouvoir, s'éloignant insensiblement des valeurs que lui ont inculqué son gouverneur
Burrhus et son précepteur Sénèque. Un conflit éclate entre sa mère et lui, et
celui-ci connaît trois étapes essentielles
Mort de Britannicus (
55 après J.C ),
Amour de Néron pour
Poppée ( alors qu'il est marié avec la sœur de Britannicus, Octavie 59,
Assassinat d'Agrippine : 59.
La tragédie de Racine
expose à la fois la disgrâce d'Agrippine et la mort du jeune Britannicus.
DEUXIEME PARTIE:
Action et intrigue de Britannicus
Action de la tragédie.
ACTE 1:
Scène 1 : Agrippine et
Albine dialoguent ensemble de l'enlèvement de Junie, l'amante de Britannicus,
par Néron. Agrippine, inquiète, sent son emprise sur Néron faiblir énormément,
car elle avait accordé son soutien à Junie (
elle essaie de mettre aussi Britannicus de son côté, afin que celui-ci,
si cela se passe mal pour elle, puisse l'aider entre son fils et elle ).
Scène 2 : Burrhus, le
gouverneur de Néron, interdit à Agrippine l'accès à la porte de la chambre de
celui-ci. Agrippine lui reproche d'être un gouverneur qui a pris trop
d'importance, ce à quoi ce dernier réplique en lui reprochant d'être trop
méfiante. Il lui préconise de ne pas mettre trop sa disgrâce en avant.
Agrippine l'interroge sur la signification de l'enlèvement de Junie
Scène 3 Britannicus,
l'amant de Junie, expose son malheur. Agrippine lui signale qu'elle ne peut
plus rien faire, et l'encourage à la suivre chez Pallas.
Scène 4 Britannicus se
confie à Narcisse, qui lui semble dévoué.
ACTE Il:
Scène 1 Néron, sûr de
lui, entend ne pas se soumettre aux caprices de sa mère. Il ordonne l'exil de
Pallas, car celui-ci lui nuit à travers Agrippine et Britannicus.
Scène 2 : Néron se
confie à un Narcisse que l'on découvre traître à Britannicus, lui avouant son
amour pour Junie. Il craint encore sa mère, et semble vouloir ne pas se révéler
au grand jour. Narcisse lui conseille d'oublier complètement sa fidélité envers
Agrippine et de se mettre à gouverner à sa guise, en commençant par répudier
Octavie ( qui est stérile ) puis en s'éloignant de Junie. Néron ordonne à Narcisse de faire croire à
Britannicus qu'il va voir Junie sans son consentement.
Scène 3 : Courtois,
Néron dévoile son amour à Junie. Mais celle-ci lui explique qu'elle aime
Britannicus, et qu'elle reste sa dernière consolation. Changeant de méthode,
Néron la menace de tuer Britannicus si elle ne l'éloigne pas de lui.
Scène 4 Narcisse
annonce l'arrivée de Britannicus. Néron réitère sa menace.
Scène 5 Junie tente de
se servir de Narcisse pour prévenir Britannicus, mais celui-ci arrive déjà.
Scène 6 Junie
accueille glacialement Britannicus, et ne parvient pas à lui faire comprendre
que Néron les surveille. Britannicus ne sait plus à qui se fier.
Scène 7 Néron reparaît
et Junie refuse de l'entendre pour s'abandonner aux larmes.
Scène 8 Néron affirme
qu'il va désespérer Britannicus, mais n'ignore pas que Junie aime son rival.
ACTE 111
Scène 1 Burrhus
informe à Néron que Pallas a été exilé, et que ce coup porté à sa mère et à son
rival n'aura de poids que s'il cesse de donner des armes à Agrippine en la
craignant. Il lui conseille aussi d'oublier son amour pour Junie.
Scène 2 : Sur un ton
tragique, Burrhus se lamente de voir que le naturel de Néron, malgré ses soins
et ceux de Sénèque, va bientôt apparaître au grand jour.
Scène 3 : Burrhus
relativise la signification de l'exil de Pallas, tandis qu' Agrippine menace
d'exciter les soldats pour faire monter Britannicus sur le trône.
Scène 4 : Albine
raisonne Agrippine : elle ne peut commander Néron jusque dans ses amours ( car
Agrippine entend que Néron respecte son union avec Octavie qu'elle a mise en
place ). Mais Agrippine voit à présent Junie comme une rivale ( Octavie,
ignorée, lui permettait de recevoir les honneurs ).
Scène 5 : Agrippine
propose à Britannicus un accord et lui affirme qu'elle ne renonce pas à sa
promesse. Elle prétend aller inspirer sa crainte à Néron.
Scène 6 : Britannicus
se confie à Narcisse : il n'est pas encore sûr de la trahison de Junie. La
voyant arriver, Narcisse va aussitôt avertir Néron.
Scène 7 Junie révèle à
Britannicus qu'elle a été obligée de feindre ne plus l'aimer, espionnée par
Néron. ( Celui-ci, averti par Narcisse, arrive en fin de scène )
Scène 8 Altercation
entre Néron et Britannicus ( ce dernier reproche le rapt de Junie, mais Néron
réplique que Rome ne s'en soucie pas, qu'elle se tait ). Junie intervient pour
ne pas envenimer leur discorde et prétend qu'elle va devenir vestale. Néron
ordonne de faire garder Britannicus dans la chambre d'Octavie, et de ramener
Junie dans ses appartements. Scène 9 Néron demande à Burrhus qu'on lui présente
sa mère.
ACTE IV
Scène 1 Burrhus
annonce à Agrippine que Néron veut le voir, et lui avertit qu'étant son fils, il est aussi son empereur : son
intérêt, si elle veut la cour autour d'elle, est de ne point l'accuser, et de
lui tendre les bras.
Scène 2 : Longue
tirade dans laquelle Agrippine rappelle que c'est elle qui a mis Néron au
pouvoir. Celui-ci répond en rappelant que, sous son nom, elle ne travaillait
que pour elle, mais qu'elle échoue car Rome demande un maître et non une
maîtresse. Il l'accuse aussi d'avoir comploté contre lui avec Britannicus et
Junie, mais elle s'en défend aussitôt, exigeant en autres la punition de ses
accusateurs, et le choix de Junie à choisir son époux, ce à quoi « cède » Néron.
Scène 3 : Néron confie
à Burrhus qu'il va faire exécuter Britannicus et qu'il ne recherche plus la
faveur du peuple Dans une longue tirade, Burrhus tente de le raisonner, lui
rappelant qu'il peut toujours rester vertueux, mais que s'il s'engage sur la
voie du crime, il devra aller de crime en crime, suscitant tout le monde contre
lui. Néron reste ambigu sur son dessein vis-à-vis de Britannicus.
Scène 4 : Néron «
renonce » à l'empoisonnement de Britannicus, tandis que Narcisse tente de l'en
convaincre avec force de persuasion. Fin ambiguë : « Allons voir ce que nous
devons faire ».
ACTE V
Scène 1 : Britannicus
fait part à Junie de leur réconciliation avec Néron ( il est invité à un festin
mais celle-ci demeure suspicieuse : « un si grand changement peut-il être,
Seigneur, l'ouvrage d'un moment ? » et « tout ce qu'on dit est loin de tout ce
qu'on pense
Scène 2 Agrippine
presse Britannicus de se rendre au festin.
Scène 3 Celle-ci,
prétentieuse, rassure Junie : « J'ai parlé, tout a changé de face ». Scène 4
Burrhus, interrogé par Agrippine, annonce la mort de Britannicus.
Scène 5 Burrhus
explique les circonstances de la mort de Britannicus.
Scène 6 Agrippine
demande des comptes à Néron - qui nie être l'assassin et rappelle à sa mère la
mort précipitée de Claude ( empoisonné par Agrippine puis envisage déjà sa
propre mort tout en promettant de la lui rendre inutile.
Scène 7 Echange entre
Agrippine ( sa position est menacée ) et Burrhus ( il attend la mort
Scène 8 On apprend que
Junie s'est enfuie du palais, et qu'elle s'est rendue au temple de Vesta.
13- Intrigue globale
de la pièce
La disgrâce
dAgrippine.
L'enlèvement de Junie,
commandité par Néron, intervient dès le début de la tragédie en signe avant-coureur
de la perte d'emprise d'Agrippine sur Néron. Celle-ci, en effet, accordait à
Britannicus ses prétentions sur Junie. Cet incident va dès lors conduire la
colère d'une mère voulant régner et un fils lassé de se montrer sous un faux
jour à une confrontation sans précédent dont l'issue se révélera être la
naissance d'un monstre.
2- Logique passionnelle et politique.
Néron se découvre
bientôt amoureux d'une Junie qu'il avait enlevée pour braver Agrippine. Il
comprend aussi qu'elle est un nœud dans son accession réelle au pouvoir : elle
lui permet de tenir les ficelles entre Britannicus, son rival légitime, et
surtout sa mère, dont il brise la tutelle. La logique veut donc qu'il tue
Britannicus à la fois pour posséder Junie et punir sa mère, qui soutient
officiellement leur union.
3- Naissance d'un monstre.
Finalement, s'écartant
du droit chemin tracé par son gouverneur Burrhus, Néron fait empoisonner
Britannicus, qui meurt. Ce meurtre constitue un coup suprême porté à Agrippine
( elle sait qu'elle ne va plus vivre pour longtemps ), à Burrhus, Sénèque, et
bien sûr à Junie ( qui échappe quand même à celui-ci ) - coup qui le fait aussi
entrer sur une voie où il devra cheminer en allant de crimes et crimes.
TROISIEME PARTIE: Les
Les personnages de
Britannicus sont essentiellement ceux que l'on trouve chez l'historien Tacite.
Racine le reconnaît sans hésitation dans sa seconde préface : « J'avais copié
mes personnages d'après le plus grand peintre de l'Antiquité, je veux dire
d'après Tacite. Et j'étais alors si rempli de la lecture de cet excellent
historien, qu'il n'y a presque pas un trait éclatant dans ma tragédie dont il
ne m'ait donnée l'idée ».
> NERON : Factus natura velare odiumfallacibus blanditiis ( Formé par sa nature à cacher sa haine sous de trompeuses caresses ) - Tacites, Annales, XIV, LVI. Dans sa tragédie, Racine a respecté ce trait principal de Néron : il n'est pas encore le monstre que l'histoire a retenu de lui, mais est déjà las de l'emprise de sa mère sur lui et du faux-semblant qu'il donne au peuple romain : « Soumis à tous leurs vœux, à mes désirs contraire, suis-je leur empereur seulement pour leur plaire ? », Acte IV, scène 3, 1335-1336. « C'est à vous à choisir, vous êtes encor maître. Vertueux jusqu'ici, vous pouvez toujours l'être. », 1339-1340. Le peuple romain croit en effet, après la tyrannie de Caligula et les escapades de Claude, avoir trouvé un nouvel Auguste, respectueux des lois et des usages romains, en la personne de Néron - qui a eu, jusqu'en 55, des années de règne assez calmes. Mais c'est faire erreur. En fait, comme l'explique Racine, « il n'a pas encore mis le feu à Rome. Il n'a pas tué sa mère, sa femme, ses gouverneurs », mais « Néron était déjà vicieux [ et ] dissimulait ses vices. » Son évolution dans la pièce, signalée par l'initiative audacieuse de l'enlèvement de Junie, est très nette : feignant un instant se rétracter à la volonté de sa mère et à la raison de son gouverneur, il confie ensuite qu'il embrasse pour étouffer, ce qu'il fait finalement en empoisonnant son demi-frère Britannicus.
> AGRIPPINE: Quae cunctis malae
dominationis cupidinibus flagrans, habebat in partibus Pallantem ( qui, brûlant
de tous les désirs d'une domination criminelle, avait pour elle Pallas ) Tacite,
Annales, XIV, LI, 4. Son seul objectif est de se placer sur le trône, et pour
ceci tous les moyens sont bons : tour à tour, elle empoisonne son mari, ou
écarte l'héritier légitime du trône. Dans Histoire de Rome, l'historien italien
Indro Montanelli explique : « Agrippine avait certainement été une femme
néfaste. Les derniers épisodes de sa vie n'en sont pas moins dignes d'une
véritable matrone de la Rome antique. Elle n'hésita pas à s'opposer résolument
contre son fils quand celui-ci vint lui demander son consentement à son divorce
avec Octavie. Tacite dit qu'elle en vint jusqu'à s'offrir à lui ». C'est donc
une femme cruelle et sans scrupules qu'a été Agrippine, et Racine ne lui
épargne rien : « Je m'assure un port dans la tempête » et « Il m'écarta du
trône où j'allais me placer » Acte 1, scène 1'. Son désir de régner surpasse
toute valeur humaine et obnubile constamment ses pensées.
> BRITANNICUS : Il est le personnage
le moins fouillé psychologiquement, car les événements qui l'assaillent font de
lui l'objet de tourments insurmontables : l'enlèvement de Junie, son seul
réconfort après avoir été écarté du trône par l'adoption de Néron, le place
désormais face à trois problèmes majeurs : 1) il peut encore apparaître comme
un héritier potentiel, il est donc un rival politique de Néron, 2) puisque
Néron tombe amoureux de Junie, il devient rival sentimental, d'autant qu'il est
aimé réciproquement par Junie, et 3) il est protégé par Agrippine ( qui assure
ses arri ères ), constituant donc l'objet de l'irritation d'un Néron exaspéré
par sa mère. Racine en fait quelqu'un de vertueux, n'approfondissant pas
davantage son caractère du fait de son trop jeune âge dans sa pièce, dix-sept
ans ) : « L'âge de Britannicus était si connu, qu'il ne m'a pas été permis de
le représenter autrement que comme un jeune prince qui avait beaucoup de coeur,
beaucoup d'amour et beaucoup de franchise, qualités ordinaires d'un jeune homme
».
QUATRIEME PARTIE: Rome
sous l'Empire de Néron
Néron , de son vrai
nom Lucius Domitius Tiberius Claudius Nero, vécu de 37 à 68 et fut empereur
romain de 54 à 68.
A- Les premières
années du règne.
Néron a reçu une
éducation des plus distinguées : sa mère lui octroie Burrhus et Sénèque comme
précepteurs. Ceux-ci tentent de brider la violence du jeune homme. Ils
l'élèvent donc dans le respect des arts et des lettres, lui enseignant aussi la
clémence et l'indulgence.
De fait, les premières
années de son règne seront paisibles.
Agrippine, mécontente
de voir l'influence de Sénèque grandir, commence à intriguer en faveur de
Britannicus. Néron fait assassiner le nouveau protégé de sa mère en 55 ; dès
lors, sa folie et sa mégalomanie iront en augmentant.
13- Les intrigues de
palais.
Le meurtre de
Britannicus semble avoir ravivé en lui ses plus mauvais instincts. Il sort dans
Rome la nuit, attaquant et rançonnant parfois les citoyens romains. Il
rencontre Poppée, femme d'une grande ambition et décidée à réussir.
Sous son influence,
Néron répudie Octavie, fille de Claude et sa première épouse. Il fait
assassiner Agrippine en 59, tandis qu'Octavie se suicide en 62.
Sénèque tombe en
disgrâce définitivement, et Burrhus meurt. C- Les premières persécutions.
En juillet 64 a lieu
le célèbre incendie de Rome, alors que Néron, voulant se bâtir un temple aux
dimensions gigantesques, reprochait le mauvais urbanisme de la ville. Durant
six journées, la ville éternelle se consume. Les citoyens romains accusent
Néron ( d'où la fameuse scène de Néron déclamant un poème sur la destruction de
Troie devant Rome en proie aux flammes ) qui s'empresse de faire porter la
responsabilité sur une nouvelle secte : les chrétiens.
Il les fait arrêter,
les utilise comme torche humaine et aux jeux du cirque.
D'après Indro
Montanelli ( Histoire de Rome, p.306 ), il est possible qu'il ne soit pas
véritablement à l'origine de cet incident déplorable, car à cette période il se
trouvait à Antium. Toutefois, si le peuple l'a aussitôt accusé ( et il n'a pas
fait poursuivre ni assassiner ses accusateurs ), c'est qu'on l'en croyait très
capable. Parallèlement à la persécution des chrétiens, Néron fait reconstruire
Rome. C'est durant cette reconstruction que Poppée meurt d'une fausse couche,
plaçant Néron face à un double malheur : la perte d'une femme aimée, et la
perte d'un héritier.
D- La fin de Néron.
A la suite d'un
complot découvert, Néron met à mort des sénateurs, des magistrats, Sénèque et
Pétrone. C'en est trop, l'ensemble de l'empire se révolte. Galba, chef de
l'armée d'Espagne, marche sur Rome.
Néron, abandonné,
s'enfuit, et apprend qu'il a été condamné à mort par fustigation : ne trouvant
pas le courage de se suicider, c'est finalement son affranchi Epaphrodite qui
le mettra à mort en lui coupant la gorge au niveau de la carotide...
Ses dernières paroles,
« quel artiste meurt avec moi ! » (Qualis artifex pereo)
révèlent l'ampleur de son égocentrisme.